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L’invention française de la discrimination

Didier Fassin, revue française de science politique n°52, 2002

À la fin des années 1990, les pouvoirs publics et plus largement la société française ont commencé à reconnaître l’existence de discriminations liées à l’origine et souvent qualifiées de « raciales ». Cette évolution, dont quelques-uns des signes les plus marquants sont rappelés, s’inscrit en rupture avec un discours et une idéologie qui avaient consisté à nier cette réalité.

Jusqu’alors disjointes, les problématiques du racisme et de l’inégalité trouvent désormais un lieu d’articulation, ce qui a des conséquences en termes à la fois de représentation du monde social et de conception des politiques publiques. Une réflexion critique sur les enjeux anthropologiques de cette innovation peut toutefois être formulée à trois niveaux : du point de vue des procédures d’objectivation, il existe un risque d’essentialisation des catégories utilisées ; sous l’angle des processus de subjectivation, la tension entre sujet de droit et sujet de souffrance favorise une victimisation des personnes ; dans la perspective de l’action enfin, la judiciarisation de la lutte contre la discrimination tend à se faire au détriment d’une approche historique et sociale des fondements racistes de l’inégalité. 

Didier Fassin

Consulter l’article sur le site de CAIRN

Lire la présentation de Didier Fassin sur le site de l’EHESS.

 

http://www.cairn.be/article.php?ID_...

 


-25 novembre 2006-



Discrimination