Imprimer la page

Les années 10

Nathalie Quintane, La Fabrique, 2014

« Je dois avouer que cette séparation nette, voire tranchée, entre contre-culture et sous-culture me fait tiquer – peut-être parce que je suis assez tatillonne en ce qui concerne les prépositions (sous n’a pas la même connotation que contre). Et puis, plutôt que de visualiser un contre (culturel) descendant du ciel des idées jusque sur le bitume non entretenu des cités, je le pressens pousser de cette fameuse « sous »-culture, et s’en dégager, moins triomphalement qu’un GI Joe jailli d’une Jeep ou qu’un Panther protestant gant au poing – pourtant solide, parce qu’ancré dans un territoire bien réel, et symbolique : c’est le travail de toute culture, qu’elle soit contre ou sous, que de fabriquer du symbole. C’est tout de même troublant qu’on ait éprouvé la nécessité de diviser la culture populaire en deux, histoire d’introduire un sous là où auparavant il n’y avait qu’un contre – en tout cas moi, ça me trouble. »

Le livre part d’une visite préélectorale de Marine le Pen à Digne-les-Bains et s’achève sur une question : pourquoi l’extrême gauche semble-telle préférer les essais à la littérature ? Les textes tentent de revenir sur ce qu’on entend par « peuple », réexaminent les façons de ceux qui, n’étant pas ou plus du peuple, voient, désirent, fantasment, sabordent, ruinent, suppriment le, ou un « peuple ».

Nathalie Quintane a vécu à Pierrefitte-sur-Seine, mais aussi à Paris, à Montmagny, à Domont, Dunkerque, Angers, Lisbonne, Beaufort-en-Vallée, Lardiers, et maintenant elle est installée à Digne-les-Bains, dans les Alpes de Haute-Provence.


Les années 10
Nathalie Quintane
La fabrique, 13 €
Site de l’éditeur


-8 janvier 2015-



Culture populaire













































































































Politique