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Travail : nom féminin

Tribune de Vassilis Alexakis, Vacarme, juillet 2019

En retraçant le parcours militant de Konstantína Koúneva, travailleuse immigrée originaire de Bulgarie, défigurée fin décembre 2008 dans un quartier d’Athènes à cause de ses activités syndicales, c’est à tou·te·s les employé·e·s de la sous-traitance que Dimitris Alexakis rend hommage. L’enjeu est la reconnaissance d’une autre dette, celle due aux femmes précaires et immigrées en lutte contre les pratiques managériales des entreprises privées, rendues possibles par la complaisance si ce n’est la complicité des responsables politiques.


" La phrase « Konstantína, tu n’es pas seule » avait, à l’hiver 2008, plusieurs sens. Elle suggérait que la violence dont elle avait été victime n’était pas un cas isolé ni un accident ; qu’elle était en passe de se généraliser sous une forme ou une autre à l’ensemble de ce « monde du travail » qui n’est justement plus un monde mais une multitude de trajectoires diffractées. Elle signifiait à rebours que Konstantína faisait partie d’une société qui pouvait sortir de l’ombre pour la défendre — et se défendre elle-même — en affirmant un « nous ».

C’était aussi une phrase qui venait après-coup : il est probable que l’attaque n’aurait pas eu lieu si Konstantína n’avait pas été laissée seule face aux menaces et à la violence patronales. « Tu n’es pas seule » était l’expression d’un monde qui se ressaisissait, prenait ou reprenait conscience de lui-même à partir d’un défaut, d’un manque (de solidarité, de présence, d’attention, de réflexes ou d’humanité, de temps à consacrer à l’autre), d’un vide qui se serait ouvert à la surface du monde et à travers lequel on aurait aperçu, un bref instant, l’horreur.

Cette phrase renfermait ainsi, comme en creux, un « nous » ; c’est singulièrement à partir de la mort d’un adolescent de 15 ans tué par la police le 6 décembre de la même année et de la tentative de meurtre perpétrée contre elle que ce « nous », en Grèce, a commencé à prendre forme. Le collectif est apparu pour s’adresser à celui et à celle qui en avaient été séparés ; ce « nous » n’a pas commencé par dire « nous », mais « tu » : un « nous » sous-entendu, à la deuxième personne. "

Texte intégral sur le site de la revue Vacarme

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