Émissions radiophoniques

La radicalité sous main de justice

Depuis les premiers attentats sur le sol français, et, plus particulièrement, dès 2015, les chercheurs se divisent sur le profil des radicalisés. 

D’où viennent-ils ? Quel est milieu social, leur cellule familiale ? Pourquoi s’engagent-ils ou se laissent-ils séduire par une idéologie mortifère ? S’agit-il d’une dérive religieuse ou d’une révolte politique ? 

Les interprétations sont multiples et les querelles nombreuses chez les divers analystes qui se manifestent depuis que l’islamisme radical est porté au cœur du débat public. Or pour que les analyses soient précise, la méthode même est à revoir, et beaucoup d’experts déplorent notamment un manque de données issues du terrain.

Ecouter l’émission sur :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/la-radicalite-sous-main-de-justice

"Ecrire l’Histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace" - Patrick Boucheron


"On doit refuser l’arrogance du présent. On a quelque chose à apprendre du passé, qui n’est pas seulement l’antonyme de notre modernité."

Patrick Boucheron est historien et auteur, et aussi un peu un performeur qui arpente désormais les scènes de théâtre pour partager sa discipline.

"Quand j’écris de l’Histoire, j’essaie de rendre sensible des récits d’espaces. Ce n’est pas se mettre devant un monument et l’expliquer, ce n’est pas une forme raffinée de tourisme : on essayait de trouver des itinéraires qui donnaient à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace. Au fond l’Histoire c’est ça, c’est de réaliser que ça a eu lieu."

Spécialiste de l’histoire des villes italiennes au Moyen Âge, il publie « Conjurer la peur », ouvrage sur les fresques du palais municipal de Sienne peintes par Lorenzetti au XIVe siècle, il coordonne entre autre deux ouvrages collectifs qui ont fait date : « Une histoire du monde au XVe siècle » et « Une histoire mondiale de la France » qui s’est attirée foudres et louanges. En 2015 il entre au Collège de France où il y assure la chaire "Histoire des pouvoirs en Europe occidentale du XIIIe au XVIe siècle".

Entrons dans l’œuvre de celui qui a dit "l’Histoire est une forme fatiguée du savoir".

"Pour moi, l’Histoire devait être ravivée, parce que la mode était de dire qu’il y avait eu, avant, un grand moment. Or les moments ne sont ni grands ni petits, ils sont ce qu’on en fait collectivement."

" J’ai eu la chance d’avoir des enseignants, Jean-Louis Biget notamment, qui voulaient nous délivrer, au sens propre du terme, nous sortir des livres. Nous montrer que l’Histoire c’est pas dans les livres, c’est aussi dans les lieux où elle se fait. Et pour la vivre, pour la saisir dans son intensité, il fallait sortir de chez soi. Je suis allé en Sicile, au Portugal..."

L’émission :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/patrick-boucheron-ecrire-lhistoire-cest-donner-a-comprendre-la-maniere-dont-un-peu-de-temps-se-plie

Pour aller plus loin :

Sa biographie sur le site du Collège de France :

https://www.college-de-france.fr/site/patrick-boucheron/Biographie.htm

Ce que peut l’histoire : Leçon inaugurale de Patrick Boucheron au Collège de France (17 décembre 2015)

L’Histoire de France à l’heure de la mondialisation :
conférence de Patrick Boucheron donnée à l’université populaire
d’Arcueil (février 2018)

Patrick Boucheron invité du festival littéraire marseillais Oh
les beaux jours !
 

http://ohlesbeauxjours.fr/programme/les-invites/patrick-boucheron/

« Que peut l’histoire pour les villes ? Ne pas les encombrer. » Un
grand entretien avec Patrick Boucheron à lire sur le site du Forum
urbain de l’université de Bordeaux :

https://forumurbain.u-bordeaux.fr/files/FORUMURBAIN/CaMBo_11_grandentretien_Boucheron.pdf

Patrick Boucheron relit Édouard Glissant dans le cadre des Séances d’écoute proposées par Philippe Artières. A voir sur le site du Centre Pompidou :

https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cy5zjLd/rbER56y

La leçon de vie des « jeunes de banlieue » : Frédéric Worms s’entretient avec Claire Marin, philosophe et écrivain.

Qui apprend le plus à qui ? Il y a l’enseignante, Claire Marin, qui


raconte dans La relève quinze ans d’enseignement en « banlieue ». Mais il y a aussi la philosophe et l’écrivaine, Claire Marin toujours, qui raconte dans ce livre ce que lui ont appris, à elle, ses élèves. Ses élèves d’où vient la relève. Leur leçon qui rejoint toute son oeuvre, toute sa philosophie de la vie, de la maladie et du soin. Que lui ont-ils appris donc ? Comment l’ont-ils surprise donc, chaque matin et chaque jour, à la sortie du RER quand celui-ci voulait bien arriver ? Cela va dans les deux sens. Plus de ressources qu’on ne pourrait croire : « on ne sait pas ce dont un élève est capable » pour s’en sortir. Mais aussi tous les maux de la vie qui les entourent : « le malaise est plus profond ». Profond parallèle avec la médecine : l’enseignant ou le médecin ne sont pas face à des élèves ou des patients idéaux, mais réels, compliqués, souffrants, mais aussi agissants et vivants. Elle ne se fera pas toute seule, mais elle est possible et il faut l’accompagner et la soutenir : la relève.

« Ce qui me semblait important avec ce livre c’était de déconstruire toutes les représentations simplificatrices que j’entendais à chaque fois que je disais "j’enseigne en banlieue" ou "j’enseigne à Cergy". Claire Marin »

« On ne sait pas ce dont est capable un élève. Il y a toujours la possibilité que surgisse au travers de la relation avec un élève des problèmes, des difficultés mais aussi des espoirs, des projets auxquels on n’avait pas pensé. C’est valable dans le pire comme dans le meilleur et ça reste très surprenant même après plusieurs années d’enseignement de voir à quel point un élève peut nous surprendre. »

L’émission :

https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser-avec-frederic-worms/la-lecon-de-vie-des-jeunes-de-banlieue-0

 

 

Kaoutar Harchi, sociologue de la littérature

La sociologue, et romancière, Kaoutar Harchi travaille sur les arts et la culture. Elle interroge les rapports entre la langue et la nation, et pointe l’ambivalence avec laquelle la communauté littéraire reconnaît les écrivains francophones. Suffit-il d’écrire en français pour être reconnu comme un écrivain français ?

Qu’est ce qui sépare "le français" du "francophone" dans la communauté littéraire française ?

Kaoutar Harchi est docteure en sociologie à l’Université Sorbonne nouvelle, rattachée au Cerlis (Centre de Recherche sur les Liens Sociaux). Egalement enseignante à Sciences Po en sociologie des arts et de la culture et chercheuse post-doctorante au département de recherche du musée du Quai Branly. Auteur de Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne paru en 2016 (éditions Pauvert), d’après sa thèse de sociologie. Dirigée par Bruno Péquignot à l’université Sorbonne Nouvelle, cette dernière portait sur les conditions et modalités de reconnaissance littéraire des écrivains étrangers de langue française, en France, à partir du cas algérien (1945-2015). 

 Assia Djebar, Kateb Yacine, Rachid Boudjedra, Boualem Sansal et Kamel Daoud : Kaoutar Harchi dénonce les résidus coloniaux qui persistent dans l’acceptation de ces écrivains au sein de la communauté littéraire française.

Elle prépare aujourd’hui un récit à partir d’enquêtes menées dans des maisons d’arrêt du Nord de la France sur la question de la lecture et de l’écriture en prison.

Ecouter l’émission sur :
https://www.franceinter.fr/emissions/les-savantes/les-savantes-28-juillet-2018


Un McDo à défendre ?!

Situé au cœur des quartiers Nord de Marseille, ce fast-food devait fermer ses portes pour laisser la place à un restaurant asiatique halal. Ses salariés, les habitants des cités environnantes et même des militants d’Attac racontent pourquoi ils se sont battus contre la fermeture du McDo.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/un-mcdo-a-defendre

Thelma et Louise : Femmes des quartiers populaires

 

Pour le 33ème épisode de Thelma et Louise, nous avons le plaisir de recevoir Nassira El Moaddem, journaliste et directrice du Bondy Blog. Elle dirige le Bondy Blog depuis maintenant un an et demi, un journal en ligne dont le but est de faire émerger une parole différente sur les quartiers populaires afin de lutter contre la stigmatisation dans les médias

Pourquoi les femmes issues des quartiers populaires ont-elles plus de mal à s’insérer sur le marché du travail ? Quelles difficultés supplémentaires rencontrent-elles au quotidien ? Et surtout pourquoi souffrent-elles d’une stigmatisation incessante dans les médias ? Nassira El Moaddem nous livre son analyse. 

https://www.radiocampusparis.org/thelma-et-louise-femmes-des-quartiers-populaires-15-05-2018/

"Je redonne la voix à ces artistes qui n’étaient destinés qu’à chuchoter"

https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/roce

Nous recevons le rappeur pour la sortie du disque "Par les Damné.e.s de la terre, des voix de lutte 1969-1988", chez Hors Cadres. Il s’agit d’une compilation de musiques francophones engagées, accompagnée d’un livret incluant les textes inédits des historiens Naïma Yahi et Amzat Boukari-Yabara.

Le projet de Rocé répond au besoin de donner, ou redonner la voix aux nouvelles générations. Il offre une autre histoire de la musique francophone et cristallise une époque où les luttes engendraient des fraternités.

Ce projet était une manière de chercher nos aînés. J’apprécie ces artistes qui ne font pas partie de la musique française et qui pourtant, font de la musique en français.

C’est le rap qui m’a ouvert à la lecture et à l’écriture. Et c’est en lisant des auteurs décoloniaux que je me suis demandé quelle serait la bande-son.

Si l’histoire des luttes n’est pas racontée, on n’a pas de mode d’emploi. Il y a eu une époque, où il y a eu une fraternité de lutte qui s’est effritée peu à peu.

Mon projet est mis à disposition, il faut que les gens s’en emparent, c’est un outil, un projet de patrimoine. Aujourd’hui, il n’y a pas de projet de société qui aide à l’épanouissement du peuple.

Antisionisme = antisémitisme ? Un amalgame hypocrite et dangereux


Violences, insultes imbéciles, actes antisémites, l’émotion générale est pour certains une occasion de faire accepter l’amalgame entre critique du sionisme et antisémitisme. Le sionisme est une doctrine politique qui, tout comme le gaullisme, le communisme ou le macronisme, s’expose aux débats et aux critiques. Faire l’amalgame avec une des pires formes du racisme est une hypocrisie qui revient à banaliser l’antisémitisme.

Pour comprendre, nous vous proposons de retrouver l’émission de l’an dernier avec Dominique Vidal, journaliste et historien.

Suite à la récente médiatisation d’actes antisémites, Dominique Vidal a publié l’article « Contre l’antisémitisme, avec intransigeance et sang-froid » sur son blog hébergé par Mediapart en février 2019.

Du pain et des roses. Féminisme et luttes sociales


Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les femmes se mobilisent en nombre. Elles bloquent les ronds points, participent aux barrages, allument les feux. Elles créent aussi des groupes non mixtes, pour partager leurs expériences communes et manifester entre femmes. Elles sont travailleuses précaires, salariées dans le secteur du soin ou du nettoyage, commerçantes retraités, mères célibataires ou travaillant au foyer. Elles habitent les zones rurales, les centres villes ou les banlieues. Elles se mobilisent parce qu’elles représentent 70% des travailleurs pauvres et qu’elles ont toujours pris part à toutes les formes de résistances, partout dans le monde.
A travers leurs témoignages, cet épisode propose d’interroger la valeur du travail, gratuit et salarié, et de penser l’articulation entre féminisme, lutte des classes et luttes antiracistes.

Podcast à écouter sur Arte radio avec :

  • Les femmes gilets jaunes à Boulogne sur mer, Amiens et Paris.
  • Fanny Gallot, historienne
  • Christelle Avril, sociologue
  • Nacira Guénif Souilamas, sociologue

L’intégralité de la série (16 émissions à ce jour) est disponible ici


Rendez-vous d'ACT

Résistantes. Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans

Projections-débats du film de Fatima Sissani, 24 images/Films des deux rives, 18 et 26 avril 2019, Marseille et Avignon à suivre

Autres actualités

Déplacer les montagnes

Documentaire de Laetitia Cuvelier et Isabelle Mahenc, à partir du 3 avril 2019, Briançon et ailleurs à suivre

Noire

Spectacle de et avec Tania de Montaigne, Le Liberté, 25 et 26 avril 2019, Toulon à suivre

J’ai marché jusqu’à vous ; récits d’une jeunesse exilée

Projection-débat du film de Rachid Oujdi, Solidaires, 26 avril 2019, Marseille à suivre

Ressources

Résistantes. Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans à suivre
L’expérience des discriminations à suivre
Bataille féministe, Mémo de l’égalité, 7 familles inspirantes à suivre
Carte blanche, l’État contre les étrangers à suivre
Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université à suivre

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